⚔️ Dieux · Mythologie grecque
Qui est Arès, dieu de la guerre ?
Arès est le dieu grec de la guerre dans ce qu’elle a de plus brutal et sanguinaire. Fils de Zeus et d’Héra, il incarne la fureur du combat, le tumulte des batailles et la soif de violence. Contrairement à Athéna, qui représente la guerre stratégique et défensive, Arès aime le conflit pour le conflit lui-même, sans raison ni justice. Peu apprécié des Grecs, qui lui préféraient largement Athéna, il fut en revanche davantage honoré à Rome sous le nom de Mars, où il devint le père légendaire de Romulus et Rémus.
Les origines et la famille d’Arès
Arès est le fils aîné de Zeus et d’Héra, ce qui fait de lui l’un des douze grands dieux de l’Olympe. Sa naissance est entourée de récits où Héra, furieuse que Zeus ait engendré Athéna sans elle, conçoit Arès seule ou avec l’aide d’une fleur magique — selon les versions. Contrairement à ses frères et sœurs divins, Arès est souvent décrit comme impopulaire auprès de sa propre famille. Zeus lui-même déclare dans l’Iliade qu’il le déteste plus que tous les dieux, ne trouvant que les querelles, la guerre et les combats à son goût. Le cortège d’Arès est composé de ses enfants : Déimos (la Terreur) et Phobos (la Crainte), qui l’accompagnent sur les champs de bataille. Sa sœur Éris (la Discorde) et la déesse Enyo (la guerre sanglante) font également partie de sa suite. Il entretient une relation amoureuse avec Aphrodite, la déesse de l’amour, union d’où naissent plusieurs enfants dont Éros (l’Amour), Harmonie, et les jumeaux Phobos et Déimos.
Le caractère et les aventures d’Arès
Dans les récits mythologiques, Arès est rarement présenté sous un jour favorable. Il est colérique, violent et parfois même lâche lorsqu’il est blessé. Dans l’Iliade d’Homère, il combat aux côtés des Troyens, mais il est blessé par le héros Diomède — guidé par Athéna — et s’enfuit en hurlant de douleur jusqu’à l’Olympe, où Zeus le réprimande sévèrement. Un autre épisode célèbre le ridiculise : pris en flagrant délit d’adultère avec Aphrodite, son amante, le mari trompé Héphaïstos les emprisonne tous deux dans un filet invisible sous les rires des autres dieux. Arès est aussi vaincu par Héraclès à plusieurs reprises, notamment lors de la guerre de Pylos. Malgré sa force brute, il représente la guerre sans discipline, et les récits le montrent souvent dominé par des héros mortels, ce qui affaiblit considérablement son prestige dans le panthéon grec.
Arès face à Athéna : deux visions de la guerre
L’opposition entre Arès et Athéna est l’un des contrastes les plus frappants de la mythologie grecque. Athéna, née de la tête de Zeus, incarne la guerre réfléchie, la stratégie militaire, la défense de la cité et la sagesse au combat. Elle protège les héros comme Ulysse, Achille ou Diomède et leur prodigue des conseils avisés. Arès, en revanche, représente la furie guerrière dénuée de raison : il charge sans réfléchir, aime le massacre et le sang versé pour lui-même. Quand Athéna combat, c’est pour une cause juste et avec méthode ; quand Arès combat, c’est par pur plaisir de détruire. Cette opposition explique pourquoi les Grecs anciens, qui valorisaient l’ordre et la raison, honoraient Athéna dans leurs cités (Athènes lui était dédiée) tandis qu’Arès n’avait que très peu de temples en Grèce. Les Romains, plus militaristes, renversèrent ce jugement : leur équivalent Mars était l’une des divinités les plus vénérées de Rome, considéré comme le père du peuple romain.
Les attributs et le culte d’Arès
Arès est traditionnellement représenté comme un homme jeune et robuste, portant un casque à cimier, une lance, un bouclier et une armure de bronze. Ses animaux sacrés sont le chien et le vautour, créatures associées au carnage et à la charogne. Bien que peu honoré en Grèce, on lui vouait un culte dans certaines régions comme la Thrace (sa terre d’origine supposée) et Sparte, où la valeur guerrière était élevée. À Sparte, on lui sacrifiait des chiens — un honneur rare dans le monde grec. Le mont Arès à Athènes, où siégeait l’Aréopage (le conseil judiciaire), tirait son nom du dieu. Dans l’art, il est souvent représenté aux côtés d’Aphrodite, soulignant l’union paradoxale de l’amour et de la guerre. La statue d’Arès Ludovisi, une copie romaine d’un original grec, le montre assis, pensif et presque mélancolique — une représentation inhabituelle qui humanise le dieu brutal.
FAQ sur Arès
❓ Pourquoi Arès était-il mal aimé des Grecs ?
Les Grecs valorisaient l’ordre, la raison et la modération. Arès, dieu de la guerre sauvage et sanguinaire, représentait tout ce qu’ils rejetaient : la violence sans cause, le chaos, la destruction gratuite. De plus, les récits homériques le dépeignent souvent comme colérique, brut et même lâche quand il est blessé. À l’inverse, Athéna incarnait la guerre juste et défensive, protectrice des cités. Arès n’avait quasiment aucun temple en Grèce continentale, contrairement à Rome où Mars était une divinité nationale.
❓ Arès avait-il des enfants ?
Oui, Arès eut plusieurs enfants. Avec Aphrodite, il engendra Éros (le dieu de l’Amour), Antéros (l’Amour réciproque), Harmonie (déesse de l’Harmonie), ainsi que les jumeaux Phobos (la Crainte) et Déimos (la Terreur) qui l’accompagnaient au combat. Il est aussi le père de la nymphe Alcipé, de Cycnos (un brigand tué par Héraclès), et de Diomède de Thrace (le roi aux juments carnivores affronté par Héraclès lors de ses travaux).
❓ Quelle est la différence entre Arès et Mars ?
Mars est l’équivalent romain d’Arès, mais les deux divinités diffèrent considérablement. Arès est un dieu brutal et impopulaire dans la littérature grecque. Mars, en revanche, est une figure centrale du panthéon romain : père de Romulus et Rémus (fondateurs de Rome), dieu de la guerre mais aussi protecteur de l’agriculture et de la fertilité. Les Romains, peuple militariste, lui vouaient un culte officiel important, avec des temples, des fêtes (les Quinquatries) et des sacrifices réguliers.
❓ Arès apparaît-il dans la culture populaire moderne ?
Oui, Arès est très présent dans la culture contemporaine. On le retrouve dans les films Percy Jackson (où il est interprété comme un dieu colérique et impulsif), dans les jeux vidéo God of War et Assassin’s Creed Odyssey, et bien sûr dans la trilogie DC où il est le principal antagoniste de Wonder Woman. Son nom est aussi associé à la planète Mars et au mois de mars (Martius), qui lui étaient consacrés.
À lire aussi
Tous les dieux grecs · Athéna, déesse de la sagesse · Aphrodite, déesse de l’amour